Ça sent le brûlé !

L’air est opaque, l’odeur âcre, et il pleut des cendres.

Sydney a des odeurs de Bonhomme Hiver qui bouronne et sa skyline se voile tantôt d’un filtre orange digne d’Instagram, tantôt disparaît dans un nuage de fumées toxiques. Depuis plus de trois mois, les forêts brûlent sur la côte est de l’Australie en raison de la sécheresse. Sans relâche.

Vingt mille kilomètres carrés sont partis en fumée. Presque l’équivalent de la Slovénie. Les deux tiers de la Belgique. Près de la moitié de la Suisse. Au nord-ouest de Sydney, les différents foyers ont fini par fusionner en un méga-feu qui a brûlé près de 3200 kilomètres carrés.

Ici, l’incroyable graphique réalisé par Reuters. Toutes les données ici

Les Australiens fuient leurs maisons dont un millier est déjà parti en cendres, et les koalas meurent au rythme que brûle leur habitat. Les experts parlent de 2000 marsupiaux tués. Des milliers de pompiers professionnels et bénévoles, appuyés par des casernes américaines et canadiennes, luttent mais les flammes sont si cruelles et les eucalyptus tellement inflammables.

Publiée par Warringah / Pittwater Headquarters Rural Fire Brigade sur Vendredi 8 novembre 2019

Depuis une semaine, les services sanitaires de la ville de Sydney appellent à éviter toute activité en extérieur. Mardi la situation est devenue telle que l’épaisse fumée âcre a englouti la ville. Disparu le pont emblématique, effacé l’opéra iconique, éclipsée la Tower Eye. Les micro-polluants dans l’air étaient jusqu’à douze fois supérieur au niveau considéré comme dangereux.

10 septembre 2016 – Depuis mon balcon
10 décembre 2019 – Toujours depuis mon balcon

« What do we want? » « Climate Action NOOOOOW » !

Alors les habitants ont enfilé leurs masques et, mercredi soir, vingt mille d’entre eux sont allés crier leur colère dans le centre-ville, exigeant des gouvernements fédéral et régional des mesures urgentes.

À très court terme, les manifestants demandent que soient distribués des masques de protection contre les micro-particules aux pompiers, hôpitaux, homes et écoles. Ils demandent aussi une augmentation du financement des pompiers ruraux qui travaillent bénévolement. Mais cette dernière partie semble déjà perdue d’avance. Le premier ministre Scott Morrison s’est dit convaincu de la manière dont son gouvernement gère ces incendies. Et à la question de savoir combien de temps des milliers de pompiers bénévoles allait continuer de travailler sans rémunération selon lui, il a estimé qu’ils « veulent être là pour défendre leurs communautés ».

La réponse n’a visiblement (lire en particulier cette lettre ouverte: No, Scott Morrison, my husband does NOT want to be fighting fires this summer!) pas beaucoup plu et mercredi, beaucoup de pancartes le ciblaient directement. Scott Morrison s’est fait connaître mondialement en 2017, avant d’être élu à la tête du pays, lorsqu’il avait apporté un morceau de charbon au parlement en annonçant « voici l’énergie du futur ».

Marche pour le climat – 11 décembre

Depuis que les nuages toxiques ont envahi la ville à plusieurs reprises, il s’est montré plutôt discret. Comme le suggère cette manifestante d’Extinction Rebellion, peut-être, un peu de lecture ne lui ferait pas de mal

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