Le Brexit et la presse australienne

Polarisant, le Brexit! La presse australienne est au moins autant divisée que le sont les médias britanniques. Petit tour des commentaires qui ont suivi le jour J de l’autre côté du monde.

« Ne vous y méprenez pas, la Grande-Bretagne a vendu la vache familiale contre la promesse de quelques haricots magiques. Mais il n’y aura pas de poule aux œufs d’or au sommet de la tige », déplore un journaliste dans les colonnes du Sunday Telegraph. « Les Britanniques ont voté pour une expérience vouée à l’échec pour essayer de résister à la mondialisation. Ils ont également cru le leurre du retour à un passé monoculturel et confortable », lui fait écho dans un édito The Sydney Morning Herald.

Pourtant si elle a pris ces haricots magiques, c’est « qu’elle a choisi de renouer avec la démocratie qu’elle a inventée », défend un commentaire du quotidien britannique Sunday Times publié lundi dans The Australian. La Grande-Bretagne s’est « libérée de l’Union européenne parce que celle-ci était devenue une source de fanatisme politiquement correct », entame un autre commentaire quelques pages plus loin.

C’est « la cupidité de l’élite européenne autoproclamée et l’arrogance de sa classe bureaucratique non élue [qui] ont provoqué la campagne de sortie », poursuit ce deuxième texte. Autrement dit la fin d’une « forme anti-démocratique de gouvernance », selon la journaliste.

Le chroniqueur du Sunday Times va plus loin, relevant que l’Union européenne est une dictature imposée par des technocrates incapables de se gouverner eux-même. Et de comparer ce système politique à celui de la Chine. « La difficulté à laquelle font face ses partisans est que les citoyens européens, dans leur ensemble, n’ont pas la volonté chinoise pour endurer une gouvernance impériale ».

Ce vote, c’est le peuple qui se révolte contre les élites, affirme alors l’auteure du deuxième billet. Le Brexit salue le retour de la démocratie et de la raison en Europe, il est un réveil annonçant « l’aube de la civilisation occidentale au XXIe siècle », soutient la journaliste de The Australian. Il annonce en revanche la fin de la période dorée pour la Grande-Bretagne, une période qu’il sera difficile de retrouver, lui oppose le Sunday Telegraph. Tandis que The Sydney Morning Herald estime que le peuple a « parlé sans avoir mûrement réfléchi à ce que l’avenir lui réserve ».

Contrairement à ce qu’ont fait croire les partisans du « out », les problèmes politique, d’immigration et de logement en Grande-Bretagne ne seront pas résolu grâce à une scission avec Bruxelles, fait-il valoir.

Pour The Overland, enfin, le Brexit, est un vote historique non seulement pour la Grande-Bretagne mais aussi pour le monde entier. « Il est un instantané de la peur et de la panique humaine. Un portrait des camps de réfugiés et des centres de détention non seulement en Europe, mais aussi sur Nauru et Manus. Voilà la démocratie. Voilà ce que nous sommes devenus », conclut-il dans une chronique publiée en ligne.

The Sydney Morning Herald - Edition du dimanche 26 juin 2016
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Sources: The Australian, édition du lundi 27 juin 2016, The Sydney Morning Herald, édition du week-end du 25-26 juin 2016, The Sunday Telegraph, édition du week-end du 25-26 juin 2016.

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