Some like it hot… mais pas trop

L’été éclata d’un seul coup dans le ciel et au-dessus des maisons.

Un grand vent brûlant se leva d’abord qui souffla pendant un jour et qui dessécha les murs. Le soleil se fixa. Des flots ininterrompus de chaleur et de lumière inondèrent la ville à longueur de journée. En dehors des rues à arcades et des appartements, il semblait qu’il n’était pas un point de la ville qui ne fût placé dans la réverbération la plus aveuglante. Le soleil poursuivait nos concitoyens dans tous les coins de rue et, s’ils s’arrêtaient, il les frappait alors. (La Peste, Albert Camus)

La ville d’Oran, décrite ici par Albert Camus, n’est pas la seule à souffrir du soleil, l’Australie suffoque elle aussi quelques semaines par année sous ses rayons brûlants. La chaleur est même devenue une marque de fabrique du pays. Elle colore notamment les pages de la littérature australienne.

« A sun such as he had not imagined could exist was burning through the thin stuff of his slops. Now on land, he was seasick again, feeling the ground swell under him, the sun hammering down on his skull, that wicked glinting off the water (The Secret River, Kate Grenville)

De l’air

Elle a permis les plus belles descriptions de sueur et de transpiration, dont celle de Patrick White dans Voss.

« Here the heat was so intense that the woman’s breath was taken from them. Their faces were barely swimming forward between the walls of watery glass. Their features clove painfully the green gloom on which hairy branches swayed. »

En été, les habitants se précipitent dans les centres commerciaux climatisés à outrance, profitent d’aller voir tous les films qu’ils peuvent, évitent de marcher et préfèrent les Ubers glacés aux taxis et bus. Car, nous raconte Kenneth Cook dans Wake in Fright:

« the heat is unthinkable, no matter how widely the windows are open, and the sweat streams off your body and into your socks, and if there are a number of people in the car their body stenches mingle disagreeably.”

Du sommeil

Écrasé par la chaleur, tout devient difficile, et même dormir fait transpirer. Une fatigue assommante s’installe peu à peu, constate Miles Franklin dans My Brilliant Career:

« I was weary — my limbs ached with the heat and work. The poor beast stretched at our feet was weary. All nature was weary, and seemed to sing a dirge to that effect in the furnace-breath wind which roared among the trees on the low ranges at our back and smote the parched and thirsty ground. All were weary, all but the sun. He seemed to glory in his power, relentless and untiring, as he swung boldly in the sky, triumphantly leering down upon his helpless victims. »

D’autres articles qui pourraient vous intéresser: Sweet Country, la bande son de l’Australie ou Entre océan et désert: « Land’s Edge » de Tim Winton ou encore En plein cauchemar, Wake in Fright de Kenneth Cook.

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