Symphonie des chariots à roulettes

Mayday mayday mayday, les chariots de supermarché ont envahi les rues des villes australiennes !

Ils sont partout et manifestent pour leur droit à la liberté. Ils ont réquisitionné les espaces verts, les autoroutes, les lacs et les rivières. Ils ont colonisé les parcs, élu domicile au coin des rues. Ils nous observent même parfois les quatre (roulettes de) fer(s) en l’air ! Au secours….

(…)

En Australie, on abandonne son chariot de supermarché un peu partout. Parfois on le fait rouler jusque devant chez soi avant de le laisser vaquer à ses occupations en compagnie d’autres congénères eux aussi délaissés par des voisins. D’autres fois on l’utilise jusqu’à ce que les roulettes se bloquent. Et puis la fois suivante, on en prend un autre et on recommence son train-train. Ce qui est décrit comme « très pratique » par les acheteurs et plutôt qualifié de « fléau » par les grandes chaînes de magasins et de « problème de sécurité », voire de « dégâts d’image » par les politiques.

Alors chacun y va de son astuce oscillant entre bâton et carotte.

Du côté de la carotte on retrouve l’entreprise Trolley Tracker. Depuis le début des années nonante, l’entité a fait de la récolte des chariots à roulettes son fonds de commerce. Elle explique sur son site internet travailler avec les supermarchés, les gouvernements locaux et les entreprises de collecte des chariots pour résoudre ce manque de politesse citoyenne. Le système est simple : les passants signalent la présence de ces engins mal rangés directement sur le site internet de Trolley Tracker ou via l’application éponyme qui existe depuis 2015. Les personnes concernées peuvent alors s’organiser pour venir récupérer le chariot. Pour encourager les piétons à localiser ces engins, le service offre cinq fois 1000 dollars par mois.

Du côté du bâton, les moyens sont divers. Certaines régions ont pris le problèmes à bras le corps, amendant tour à tour le client indélicat qui laisserait l’engin sur la voie publique ou le détaillant qui tarderait à venir récupérer le malheureux. Et comme les magasins dépensent en moyenne 300 millions de dollars australiens par année pour récupérer, réparer et remplacer ces chariots, ils accompagnent leur système de récompense de menaces d’amendes pour quiconque irait pousser son chariot ailleurs. Certains détaillants ont même instauré un système de frein sur une des quatre roulettes, qui s’enclenche dès lors que l’engin quitte le territoire du centre commercial.

Si Trolley Tracker a permis de rendre à 2,2 millions de chariots perdus la douceur rassurante des néons de leurs foyers, le problème est loin d’être éradiqué. Et le chariot, libéré de ses chaînes, continue de fanfaronner.

Sources : oculaires, mais aussi ici et ici.
Pour rigoler un peu : Amitié homme-caddie Trevor ! En anglais ici et en français .

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Un commentaire

  1. rob
    ·

    lol…ca me rapel ma voisine a Anfield qui en avait 2-3 dans son backyard…apres ils ont installe le systeme de frein dans la plupart des shop…

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